J'ai toujours regardé le monde en observateur, ne m'impliquant vraiment dans rien, pas plus dans ce que j'entreprenais dans mes créations que dans mes relations sentimentales, amitié ou même amour. Le monde me reste extérieur comme un série télévisuelle qui m'intéresse un moment, me concerne de temps en temps, sans plus. Aussi n'est-il pas étonnant que je sois devenu un vieillard solitaire n'attendant rien ni de l'univers qui m'entoure ni des autres êtres humains. Il ne me reste plus que le grand plaisir de me raconter des histoires.
Ce matin-là… Ce matin-là je m’éveillais avec un insondable sentiment de vide. Le ciel était étale, d’un bleu pâle absolu, le soleil faisait briller les feuillages, mettait l’espace en scène, enflammait les rosiers rouges dans le jardin en face de mon appartement, rien ne bougeait, c’était comme si tout avait été là, en place, de toute éternité, que rien jamais n’avait, ne devait changer. Une chaise, posée sur l’herbe évoquait l’absence totale de personnage, rien ne bougeait, le silence était total. Seul peut-être, si je forçais mon écoute, un très léger souffle venu de je ne savais où, indiquait que quelque chose, quelque part existait. Je m’assis dans un fauteuil, au soleil, sur le balcon, fermais les yeux. J’étais perdu. Il me semblait que tout ce que j’avais pu réaliser jusque là, que l’ensemble de ce que j’avais vécu était d’une complète vacuité, que j’avais, pour rien, vécu tout ce temps. Soudain, j’étais convaincu que les multiples projets qui, la veille encore, étaient ma raison...
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